Santé

Délai pour changer de médecin traitant : il n’y en a pas

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C’est la réponse la plus courte qui soit : il n’existe aucun délai pour changer de médecin traitant. Pas de durée minimale à respecter, pas de période de carence, pas de plafond annuel. Vous pouvez changer le jour même, autant de fois que nécessaire, sans avoir à vous justifier auprès de qui que ce soit.

La confusion vient sans doute d’autres démarches administratives, où une attente est imposée. Ici, non. Reste à savoir comment faire, et ce que cela change pour vos remboursements.

Un peu de contexte sur ce dispositif. Le praticien référent a été introduit par la réforme de 2004 pour éviter le nomadisme et les examens en double. L’idée tenait en une phrase : quelqu’un qui connaît l’historique, qui centralise, qui oriente. Vingt ans plus tard, l’immense majorité des assurés en ont déclaré un, mais la proportion recule chez les plus jeunes et dans les zones où l’offre manque.

Ni attente, ni justification

L’Assurance Maladie est claire sur ce point : le choix du médecin traitant est libre, et il se modifie librement. Vous n’avez pas à expliquer pourquoi vous partez, ni à obtenir l’accord de l’ancien médecin.

La nouvelle déclaration annule automatiquement la précédente. Il n’y a donc rien à résilier, aucun formulaire de renonciation à envoyer.

Vous n’êtes pas non plus obligé de prévenir l’ancien médecin traitant. C’est une politesse, pas une obligation, et cela peut l’aider à organiser son fichier patients. Rien de plus.

Comment déclarer un nouveau médecin traitant

Deux façons de faire.

La première, la plus simple : au cabinet, pendant la consultation. Le nouveau médecin télétransmet la déclaration à votre caisse d’assurance maladie depuis son logiciel, avec votre carte Vitale. C’est immédiat, et vous n’avez rien à envoyer.

La seconde : le formulaire papier de déclaration de choix du médecin traitant. Vous le remplissez et le signez tous les deux, puis vous l’adressez à votre caisse primaire d’assurance maladie. Le formulaire se télécharge sur ameli.fr ou se retire au cabinet.

Dans les deux cas, la déclaration doit porter la signature du médecin : on ne peut pas déclarer un médecin traitant sans son accord. Un médecin peut refuser, notamment quand sa patientèle est saturée.

Vérifiez ensuite dans votre compte ameli, à la rubrique des informations personnelles, que le changement est bien enregistré. La mise à jour prend en général quelques jours.

Et si l’ancien médecin part à la retraite

Que devient le dossier chez l’ancien praticien ? Il lui appartient de le conserver, et vous pouvez en demander une copie à tout moment : c’est un droit, la demande se fait par écrit, et la remise doit intervenir sous huit jours, ou deux mois si les éléments datent de plus de cinq ans. Le nouveau praticien n’y a pas accès automatiquement ; c’est à vous de faire le lien, ou de demander le transfert.

Le départ à la retraite est un cas fréquent. Quand le médecin traitant cesse son activité, déménage ou décède, la déclaration devient caduque, et vous êtes considéré comme sans médecin traitant.

L’Assurance Maladie prévoit une tolérance : si vous ne trouvez pas de remplaçant, le remboursement au taux normal est maintenu. Encore faut-il le signaler à votre caisse, par la messagerie du compte ameli.

Ce que change le parcours de soins coordonnés

Le médecin traitant n’est pas qu’une formalité administrative : c’est la porte d’entrée du parcours de soins coordonnés, et le remboursement en dépend directement.

Dans le parcours de soins, une consultation de généraliste en secteur 1, facturée 30 euros, est prise en charge à 70 %, soit 21 euros, moins la participation forfaitaire de 2 euros : 19 euros remboursés.

Hors parcours, sur la même consultation à 30 euros, s’ajoute une majoration du ticket modérateur de 10,60 euros. Le remboursement tombe à 8,40 euros. Plus de dix euros d’écart sur une consultation ordinaire, et la complémentaire santé ne prend pas en charge cette majoration.

Les spécialistes en accès direct

Certains spécialistes se consultent sans passer par le médecin traitant, sans pénalité de remboursement : le gynécologue, l’ophtalmologue, le stomatologue, le chirurgien-dentiste et la sage-femme. Le psychiatre est en accès direct pour les 16-25 ans.

Pour tous les autres, mieux vaut passer par la case médecin traitant, ou disposer d’un courrier d’adressage.

Un mot enfin sur la téléconsultation. Elle entre dans le parcours quand elle est réalisée par le praticien déclaré, ou par un confrère à qui il vous a adressé. En dehors de ces hypothèses, la prise en charge suit les mêmes règles qu’une visite hors parcours, à quelques exceptions près comme l’urgence.

Les autres exceptions

Le taux normal de remboursement est maintenu dans plusieurs cas, même sans médecin traitant déclaré ou sans passer par lui :

  • en cas d’urgence
  • quand le médecin traitant est indisponible, remplacé ou en congés
  • loin de son domicile, en vacances ou en déplacement
  • pour les moins de 16 ans
  • dans le cadre d’un protocole de soins pour une affection de longue durée

Faut-il changer de médecin traitant, et quand

Le déménagement est le motif le plus évident. Un médecin traitant à deux heures de route ne joue plus son rôle.

L’indisponibilité chronique en est un autre : si obtenir un rendez-vous prend six semaines et que vous finissez systématiquement aux urgences ou en téléconsultation, le suivi n’existe plus.

La relation compte aussi. On parle de sa santé à cette personne pendant des années ; si le courant ne passe pas, si vous n’osez pas poser vos questions, changer n’a rien d’illégitime.

En revanche, consulter ailleurs pour obtenir plus facilement un arrêt de travail ou une ordonnance précise est une mauvaise raison, et cela finit par se voir dans le dossier médical partagé.

Si vous ne trouvez pas de nouveau médecin

La difficulté est réelle dans beaucoup de territoires. Quelques pistes concrètes.

Passez par votre caisse d’assurance maladie : depuis le compte ameli, il est possible de signaler que l’on cherche un médecin traitant, et la caisse aide à la recherche.

Regardez du côté des maisons de santé pluriprofessionnelles et des centres de santé, qui prennent souvent de nouveaux patients là où les cabinets individuels sont saturés.

Renseignez-vous auprès des jeunes installés : un médecin qui démarre a de la place, et cette information circule mal.

Enfin, les patients en affection de longue durée bénéficient d’un accompagnement prioritaire de leur caisse pour trouver un médecin traitant.

En résumé

Aucun délai pour changer. Une signature du nouveau médecin suffit, en ligne depuis son cabinet ou sur un formulaire papier. La déclaration précédente est annulée d’office. Et tant que vous restez dans le parcours de soins coordonnés, votre remboursement ne bouge pas.


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