
Comment obtenir le statut d’aidant familial : les démarches réelles
Il faut le dire d’emblée : il n’existe pas de statut unique d’aidant familial en France, pas de carte, pas de guichet qui délivrerait un titre. Ce que l’on appelle le statut recouvre en réalité un ensemble de droits, que l’on active un par un, selon la situation de la personne aidée et la sienne.
Voici les quatre dispositifs qui composent ce statut, et comment les obtenir.
Qui est considéré comme aidant familial
Un aidant familial est une personne qui vient en aide, de manière régulière et non professionnelle, à un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Conjoint, parent, enfant, mais aussi frère, soeur, voire un voisin avec qui le lien est stable et étroit.
Le terme de proche aidant, utilisé par la loi depuis 2015, est plus large que celui d’aidant familial au sens strict, réservé au dédommagement versé dans le cadre du handicap.
Le dédommagement de l’aidant familial au titre de la PCH
Quand la personne aidée bénéficie de la prestation de compensation du handicap, une partie de l’aide humaine peut servir à dédommager un aidant familial.
Le montant correspond à 50 % du SMIC horaire net par heure d’aide, porté à 75 % si l’aidant a dû cesser ou réduire son activité professionnelle. Au 1er juin 2026, le dédommagement mensuel est plafonné à 1 269,83 euros, ou 1 523,80 euros en cas de cessation d’activité.
La démarche se fait auprès de la maison départementale des personnes handicapées, avec le dossier de demande de PCH de la personne aidée. C’est elle qui dépose la demande, pas l’aidant.
Ce dédommagement n’est pas un salaire : il n’ouvre pas de droits au chômage, et il se déclare aux impôts en bénéfices non commerciaux.
Devenir salarié de son proche
Autre voie : la personne aidée emploie son aidant. C’est possible avec l’APA après 60 ans, et avec la PCH en situation de handicap.
La règle diffère selon le lien. Avec l’APA, on ne peut pas salarier son conjoint, son concubin ou son partenaire de pacs ; les autres membres de la famille, oui. Avec la PCH, le conjoint peut être salarié à condition que l’état de la personne nécessite une aide totale pour les actes essentiels et une présence constante.
Là, c’est un vrai contrat de travail, avec bulletin de salaire, cotisations, droits au chômage et à la retraite. Le CESU déclaratif simplifie la gestion au quotidien.
Le congé de proche aidant et l’AJPA
Un salarié peut suspendre son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche. Le congé de proche aidant dure trois mois, renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.
La demande se fait auprès de l’employeur au moins un mois avant le départ, par écrit, avec une déclaration sur l’honneur sur le lien avec la personne aidée. L’employeur ne peut pas refuser. En cas d’urgence médicale attestée, le délai d’un mois tombe.
Pendant ce congé, l’allocation journalière du proche aidant, l’AJPA, est versée par la CAF ou la MSA : 66,64 euros par jour, 33,32 euros par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois, 66 jours par personne aidée et 264 jours sur la vie entière.
La retraite de l’aidant et le droit au répit
L’aidant qui réduit ou arrête son activité peut être affilié gratuitement à l’assurance vieillesse des aidants, sous conditions de ressources et d’intensité de l’aide. Les trimestres continuent alors de se valider. La demande se fait auprès de la CAF.
Le droit au répit, financé par l’APA, permet de payer un accueil de jour, un hébergement temporaire ou une aide à domicile pour souffler quelques jours. Il se demande au conseil départemental, dans le cadre du plan d’aide.
Par où commencer les démarches
Faites d’abord évaluer la situation de la personne aidée : APA au conseil départemental après 60 ans, PCH à la maison départementale des personnes handicapées avant. C’est cette évaluation qui ouvre la plupart des droits de l’aidant.
Passez ensuite par un point d’information local : le CCAS de la commune, un centre local d’information et de coordination, ou une plateforme d’accompagnement et de répit. Le 0 800 360 360 oriente gratuitement les aidants.
Et n’attendez pas l’épuisement pour demander de l’aide. C’est le conseil que donnent tous les professionnels du secteur, et c’est celui qui est le moins suivi.
